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Clinique Vétérinaire Les Sablons
Dr Eric Florant

La gale sarcoptique du chien

 

La gale sarcoptique est une maladie parasitaire qui reste sous diagnostiquée, car considérée comme une maladie rencontrée uniquement chez les jeunes achetés dans certains élevages ou animaleries contaminés, ou chez les adultes après un séjour dans un chenil mal entretenu, voire après passage chez un toiletteur.  En réalité cet acarien, qui vit dans la peau ne se transmet pas que par contact direct, mais aussi de façon indirecte car il peut survivre plusieurs jours dans l’environnement (entre 2 et 6 jours) Les réservoirs actuels sont non seulement les chiens mais aussi les renards et dans une moindre mesure d’autres animaux sauvages (lynx, blaireau…). Les chiens peuvent donc la contracter en allant fureter dans les sous bois.

 

La gale sarcoptique est une maladie très contagieuse entre chiens et aussi une zoonose (maladie transmissible à l’homme), mais la contagion n’est pas systématique dans ce cas. Chez l’homme elle se traduit par l’apparition de petits boutons qui grattent, généralement sur les bras, mais le parasite n’étant pas adapté à l’homme, aucun traitement n’est à réaliser car la maladie guérit spontanément en quelques semaines.

Le parasite responsable de la gale (nom scientifique sarcoptes scabiei) est un acarien qui creuse des galeries dans la peau, entraînant donc des démangeaisons (prurit). Ce prurit, souvent intense (c’est une des maladies de peau qui provoque le plus de grattages) est aussi lié au développement d’une réaction d’hypersensibilité (=allergique) .

Les lésions dermatologiques présentent une localisation souvent bien typique : tête, et en particulier bord des oreilles, coudes, jarrets et parfois le ventre et le bas du thorax.

Il peut y avoir une atteinte de l’état général chez des chiens non traités : amaigrissement, baisse d’appétit, et parfois même fièvre.

Il existe des formes plus difficiles à diagnostiquer en particulier chez des animaux résistants et chez les chiens à poils longs.

On rencontre aussi des formes localisées à une seule zone du corps, d’où la difficulté de diagnostic. Ces formes sont probablement liées à 2 facteurs, l’action partielle sur la gale de certaines molécules sous forme de spot on lorsqu’elles sont appliquées régulièrement comme le fipronil, et la sensibilité individuelle et l’immunocompétence de certains chiens, qui empêche l’extension du parasite.

 

 

  Un cas sévère avant et après traitement

 

 Le diagnostic se fait par raclage mais le diagnostic de certitude est parfois difficile car les raclages ne permettent pas toujours de mettre en évidence les sarcoptes ou leurs œufs. Pour cela il faut en réaliser plusieurs, bien profonds, dans des zones de prédilection.

 

Malgré cela, dans environ 30% des cas pour des dermatologues confirmés (rapportée dans une étude) les parasites ne sont pas visibles. Dans ce cas le diagnostic peut être  soit thérapeutique (c.a.d. que l’on traite le chien et on voit s’il guérit), soit par prise de sang (il faut que le chien soit atteint depuis en moyenne 1 mois pour pouvoir le détecter par prise de sang et qu’il n’ait pas pris certains médicaments qui peuvent fausser les résultats). La réalisation de biopsies par contre n'est pas l'examen idéal pour faire le diagnostic (nombreux faux négatifs)

Une surinfection bactérienne et fongique est à rechercher et à traiter le cas échéant.

Le diagnostic différentiel inclut d’autres maladies comme en particulier la dermatite atopique avec une surinfection bactérienne et/ou fongique

 

Le traitement classique actuel utilise des produits systémiques en pipettes.

Le traitement des autres chiens du foyer s’impose aussi

Des traitements topiques à appliquer sur la peau, en prenant quelques précautions sont possibles

En cas d’échec, d’autres traitements existent par voie orale mais demandent pour certains des précautions. (hors amm) 

 

Le traitement de l’environnement (lieux de couchage, couvertures, coussins, tapis) peut être nécessaire, du fait de la survie de plusieurs jours dans l’environnement avec un produit acaricide du même type que ceux utilisés pour traiter les environnements contaminés par les puces. Le matériel de toilettage ne doit pas être oublié.

 

Des traitements préventifs sont possibles avec l’application de certaines pipettes sur la peau.

 

© Dr Eric FLORANT

Consultation de dermatologie vétérinaire

Clinique vétérinaire Les Sablons

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